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Let us situate the next seven years under the Progamme ``A Dynamic, Solidary and Prosperous Cameroon''
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Je félicite le peuple frère de Tunisie pour son courage, sa détermination et sa conscience collective. La capacité d’indignation de tout un peuple et la colère structurée des citoyens d’une Nation sont les garants de sa libération.

 

La loi fondamentale, la constitution sont les cadres juridiques qui régulent les conditions d’accession au pouvoir, nous le savons tous et l’admettons sans réserve. La durée du mandat présidentiel, la fréquence des mandats et les modalités d’alternance dans des pays où les normes démocratiques et républicaines sont respectées, sont consignées dans la constitution.

 

Dans le cas du Cameroun, la constitution de 1996 a été manipulée pour permettre au président Paul Biya de se présenter de nouveau s’il le désirait en 2011. Ce fut une grave erreur.

 

Sous l’effet conjugué de la misère et de la colère face à cette décision, des jeunes sont descendus dans la rue en février 2008. Le gouvernement camerounais lui-même reconnaît qu’il y a eu des morts même si jusqu’à ce jour aucune enquête n’a été diligentée.

 

Dans les Nations libres, où l’exercice de la démocratie est une évidence, l’alternance au pouvoir se déroule sans heurts et les affrontements restent feutrés et courtois. Les dissensions trouvent leurs solutions dans le dialogue et le respect des normes juridiques.

 

Mais dans le cas d’un pays qui ne connait pas la démocratie, ne pratique pas la démocratie et refuse tout dialogue, tout affrontement figé s’achève dans la déflagration qui fait suite aux confrontations rigides.

 

Toute explosion socio-politique de cette nature est violente, excessive, brutale, sanglante et couteuse en vies humaines.

 

C’est une solution ultime, elle est très souvent spontanée, incontrôlée et incontrôlable, elle représente le dernier recours dans les Nations où tout dialogue démocratique a été catégoriquement et définitivement refusé par le pouvoir en place. La confiscation du pouvoir est un drame que nous vivons au Cameroun depuis des décennies.

 

Le cas de la Tunisie n’est malheureusement pas isolé en Afrique.

 

Aujourd’hui, nous camerounais, face à un régime politique en place depuis 1960, car rappelons le, le parti au pouvoir : le RDPC est issu de l’UNC et à son origine en 1958, il fut appelé UC. Nous sommes gérés par les mêmes hommes, le même parti politique depuis 53 ans.

 

Dans le cas du Cameroun, notre pays, nous connaissons depuis 28 ans le même Chef d’Etat qui n’a jamais su tenir sa parole, qui est passé maître dans les effets d’annonce et qui est champion dans l’usage de l’image politique publicitaire et des poignées de mains protocolaires tel qu’on a pu le voir à Bamenda et lors de la présentation des vœux où il instrumentalise M. Ni John Fru Ndi.

 

Aucun débat de fond, aucune prise de position sérieuse, aucune démarche politique conséquente ne peuvent intervenir dans des conditions où seuls comptent l’image et le protocole. Cette image tourne en boucle désormais sur Africa 24 et sert la publicité du régime en place. M. Ni John pourrait avec raison exiger un cachet pour cette prestation d’acteur aux fins publicitaires.

 

Au Cameroun, le Parti au pouvoir ne sait pas dialoguer, ne veut pas dialoguer et a peur de dialoguer.

 

Il est passé maître dans des attitudes essentiellement caractérisées par le mépris et l’arrogance. Toutes les sonnettes d’alarmes tirées par les partis politiques et les membres de la société civile, laissent le gouvernement camerounais totalement insensible et indifférent.

 

L’indifférence, l’arrogance, le mépris, l’intransigeance, le refus de tout dialogue, de toute concertation, de toute concession, de toute rencontre sincère entre un pouvoir politique hypertrophié, dominant et son opposition conduiront tôt ou tard à des affrontements explosifs entre le peuple et le pouvoir actuel.

 

En Tunisie, cette situation a conduit à la fuite dans la honte et par la petite porte d’un homme qui a été considéré comme Dieu pendant 23 ans.

 

Le pouvoir politique camerounais a ridiculisé, décrédibilisé, tourné en dérision, pastiché et affaibli l’opposition camerounaise. La fraude électorale est devenue une institution. Les partis politiques prêchent dans le vide quand ils demandent un réaménagement d’Elecam. Le président Paul Biya a fait des déclarations de satisfaction au sujet d’Elecam, le 31 décembre 2010 au soir. Au Parti des démocrates camerounais nous sommes insatisfaits. Nous avons saisi le Premier Ministre Yang Philémon et Monsieur Fonkam Azu’u avec copies de nos propositions au président Paul Biya pour l’amélioration d’Elecam.

 

Aucune réponse ne nous est parvenue.

 

Les médias privés et publics ont été utilisés pour présenter l’opposition camerounaise comme un ramassis de personnes hétéroclites, insignifiantes, sans consistance, n’ayant pour seul intérêt que l’appât du gain et l’accès aux prébendes. Les forces dites de l’ordre, les sous-préfets et les préfets ont aussi contribué à déstructurer, à rendre inconsistants et risibles de nombreux hommes politiques camerounais. On se rappelle encore de la mise en résidence surveillée de M. Ni John Fru Ndi à Ntarikon, de la fessée nationale donnée à Monsieur Eboua Samuel, du collège de M. Jean jacques Ekindi, du restaurant de Mme Eteki Otabela à Douala ou du chantier de Mva’a de Louis Tobie Mbida et j’en passe.

 

C’est une grave erreur car une chose est certaine, c’est que le départ du Président Biya qui interviendra bien d’une manière ou d’une autre ne trouvera pas de solutions de remplacement dans la personne d’un ancien responsable du parti au pouvoir.

 

Nous n’accepterons pas qu’au Cameroun du neuf soit fait avec du vieux. Au Cameroun, nous sommes un certain nombre - le Parti des Démocrates Camerounais en fait partie - qui depuis des années avons prôné le dialogue, la concertation et la négociation. Mais nous avons été tourné en dérision par le pouvoir qui n’a qu’un souci : nous décrédibiliser en rependant sur nous de fausses rumeurs.

 

Lorsqu’il n’y aura plus personne au Cameroun pour accepter de s’asseoir à une table de négociation pour résoudre les problèmes de confiscation de pouvoir, de séparation de pouvoir, de représentativité politique, de mauvaise gouvernance, d’injustice sociale, de misère et de pauvreté, d’absence de redistribution des richesses, de progrès, d’infrastructures, d’éducation et de santé alors nous serons proches de la violence. Lorsque tous les recours politiques auront été épuisés nous entrerons dans la violence. Au PDC nous ne le souhaitons pas mais tout porte à croire que le Cameroun s’achemine vers un affrontement violent parce que le dialogue n’existe pas.

 

Les hommes qui mettent des décennies au pouvoir développent un sentiment de puissance absolue, d’impunité totale et d’omniscience supérieure qui les pousse fatalement vers de graves erreurs de jugement. Ils sont incapables de faire des analyses justes et saines devant des situations pourtant évidentes pour des observateurs objectifs.

 

On se rappelle encore de cette fameuse phrase dans l’Histoire de France où Louis XVI pose la question à l’un de ses sujets : « Qu’ est-ce donc ce vacarme ? Est-ce une émeute ? » et à son conseiller de lui répondre : « Non Sire, il ne s’agit pas d’une émeute mais d’une révolution ».

 

Les hommes qui s’éternisent au pouvoir ne prennent pas la véritable dimension des choses et finissent par croire qu’ils sont irremplaçables et invulnérables. Mais malheureusement pour eux, leur parcours s’achève souvent dans la débandade, la honte et l’humiliation. La mondialisation n’est pas une vue de l’esprit, elle fait partie intégrante de notre quotidien grâce à la télévision et à travers internet les hommes et les femmes apprennent à connaître et à comprendre vite et bien ce qui se passe ailleurs. Nul ne sait par conséquent ce que les camerounais jeunes et moins jeunes auront compris et décidé après ce qui vient de se dérouler en Tunisie.

 

Ce qui vient de se dérouler en Tunisie devrait faire réfléchir tous les africains quel que soit le bord politique auquel ils appartiennent.

 

Personne n’a vu venir la révolution tunisienne ayant abouti au départ de Monsieur Ben Ali le 14 Janvier 2011. Cette accélération de l’Histoire partie du mauvais traitement subi par un vendeur ambulant, diplômé et sans emploi, un « sauveteur », comme ils sont désignés au Cameroun, a tout déclenché.

 

Le peuple tunisien tout comme le peuple camerounais a été soumis à un seul et unique parti politique depuis 55 ans.

 

Sans mot d’ordre, sans une seule arme, affrontant à mains nues des forces dites de l’ordre, il a pu se libérer indépendamment d’une communauté internationale qui est restée politiquement et diplomatiquement inerte dans une prudente expectative.

 

Par définition, un régime politique dirigé par le même homme, le même système pendant plus de deux décennies dans des conditions hermétiques peut-être considéré comme dictatorial.

 

Toute dictature repose sur les deux piliers que sont la confiscation des médias et le contrôle des forces armées et polices ainsi que des fonctionnaires dits d’autorité que sont les sous-préfets, les préfets et les gouverneurs.

 

En d’autres termes, il s’agit de bâillonner la presse et de pratiquer une coercition suffisante pour installer la peur et mettre les citoyens au pas.

 

C’est ce qui est appelé le verrouillage d’un système politique.

 

Le verrou posé sur ces structures [medias, forces de l’ordre, administrateurs civils], pour les contrôler, n’est autre que l’argent.

Le pouvoir dictatorial se structure pour empêcher l’indépendance financière des uns et des autres. Il s’organise pour rester le seul à financer ceux qui servent sa cause.

 

C’est en d’autres termes, un clientélisme d’Etat.

 

Une armée Nationale doit rester neutre et avoir pour seul intérêt la protection des institutions de la république et la protection de ses citoyens.

 

Une armée Nationale n’est pas au service d’un homme ou d’un groupe d’hommes. Elle est au service de la Nation et de tous ses citoyens.

 

Ce sont des principes fondamentaux connus et respectés par tous les soldats, tous les hommes de troupes, tous les officiers en république.

 

Je l’ai dit lors d’une interview avec le journal « mutations » le 12 janvier 2010 : le Président Paul Biya doit se retirer dans la dignité d’un départ organisé et annoncé, je n’ai pas changé d’avis. Si les élections présidentielles de 2011 sont libres, démocratiques et transparentes, le Président Paul Biya ne les gagnera pas. Or nous attendons qu’elles soient libres, démocratiques et transparentes. Nous sommes nombreux au Cameroun qui malgré les affrontements et les différences de chapelles politiques, à qui cela fera de la peine de le voir connaître le sort d’un Mobutu, d’un Charles Taylor, d’un Hissène Habré , ou aujourd’hui d’un Ben Ali. Ne disait - on pas que le régime de Ben Ali, militaire de carrière, ancien chef des services secrets tunisiens, soutenu par l’occident et particulièrement par l’Elysée était inamovible et avait tout verrouillé ? Le peuple tunisien était présenté comme apeuré, timoré, incapable de prendre son destin en mains et de changer la donne politique dans son pays. Le peuple camerounais est présenté aujourd’hui comme désintéressé de la politique et incapable d’un sursaut libérateur. Je ne souhaite pas de violence, je suis contre les affrontements brutaux entre camerounais mais le refus de tout dialogue, l’arrogance et le mépris du pouvoir au Cameroun pourraient être porteurs de graves conséquences.

 

Louis-Tobie MBIDA

Président du Parti des Démocrates Camerounais