Louis Tobie Mbida : le chant du coq pour la mobilisation (*)
Malgré une relative discrétion de ses activités, le parti des démocrates camerounais continue son corps à corps dans les villages et les marchés de la République. La peur qu’il suscite d’après lui, procède du fait qu’il est le seul à dégeler le glacier électoral de l’aire culturelle d’origine de ceux qui sont pour la majorité aux affaires. «Aucun leader de l’opposition ne peut faire bouger les choses dans l’aire culturelle du chef de l’Etat et de ses collaborateurs comme moi ; voilà pourquoi je suis redouté par tous, aussi bien dans l’opposition que dans le sérail».
Depuis le 23 février dernier, le parti des démocrates camerounais (Pdc) se fait discret sur la scène politique. Motif invoqué par Louis Tobie Mbida, son président : «Nous sommes interdits de parole parce que personne ne veut nous accorder ses antennes ou ses colonnes pour qu’on s’exprime ; si nos activités n’ont pas de résonnance ce n’est pas le fait de l’immobilisme ou de l’inertie, mais parce qu’on n’a pas accès aux médias». En fait d’activités sur le terrain, le Pdc se déploie dans les campagnes, les marchés, les quartiers et autres coins de la république, pour porter le discours de la rupture d’avec un système qui, selon son président, est aux affaires depuis 53 ans. «L’UC d’Ahmadou Ahidjo est devenu Unc en 1966 et plus tard Rdpc en mars 1985 ; ce sont les mêmes personnes qui sont aux affaires depuis ce temps là. Paul Biya y est depuis 1962. C’est contre ce système que je me bats et nous allons dans les villages les plus reculés porter le message du changement afin d’éveiller les consciences des Camerounais», lance le président.
Seulement, avoue-t-il, sur son chemin, il rencontre des difficultés pour l’adhésion des uns et des autres à son discours. «Je me suis rendu compte qu’il y a trois catégories de Camerounais : ceux qui vendent des illusions, ceux qui se font des illusions, et ceux qui n’ont plus d’illusions du tout». La première catégorie d’après lui, est composée de la classe dirigeante dont la totalité des membres se recrute dans les rangs du Rdpc ; la deuxième, de ce qui tient lieu de classe intellectuelle et dont l’ambition est de parvenir un jour à un poste ministériel ou de directeur général ; et la dernière, de ceux qui se sentent désabusés, aucune garantie de vote transparent n’étant assurée. «Pour que les gens aillent voter, il faut qu’ils soient inscrits sur les listes électorales ; pour s’inscrire, il faut avoir une carte d’identité. Nous l’avions déjà dit dans les 12 points qui gouvernent notre programme, il faut la gratuité de la carte nationale d’identité parce que la maintenir à 2800Fcfa c’était une demi mesure ; or en politique comme économie, une demi mesure est une conte mesure. Donc nous sommes fiers que cela ait été entendu par le chef de l’Etat», souligne Louis Tobie Mbida.
Aire culturelle
L’adepte de la démocratie libérale démocrate libéral offre un projet de société qui comporte 95 objectifs où le social, la professionnalisation, la politique, l’économie, la décentralisation, la justice sociale, la paix et la sécurité dans le monde, les infrastructures, la santé, l’éducation, la santé, la bonne gouvernance, l’agriculture, l’énergie, l’environnement et les projets de développement panafricains et mondiaux à l’instar du Nepad et des Omd, constituent les grands axes. Pour lui, l’opposition de façon générale et le Sdf en particulier, ne peut pas gouverner le Cameroun. «Il ya 20 ans, indique M. Mbida, on m’a reproché d’avoir bradé mes voix à Paul Biya ; mais je dis que Fru Ndi dont le parti a défilé les mains croisées lors de la fête nationale parce qu’il dit ne plus vouloir se mêler de quoi que ce soit qui concerne la vie politique du pays, ne peut pas diriger ce pays. Voilà pourquoi j’ai donné mes voix à Paul Biya qui représente le moindre mal par rapport à lui et à ceux qui composent l’opposition. C’est ce que je pensais il y a 20 ans et je le pense encore aujourd’hui.»
La peur qu’il suscite d’après lui, procède du fait qu’il est le seul à dégeler le glacier électoral de l’aire culturelle d’origine de ceux qui sont pour la majorité aux affaires. «Aucun leader de l’opposition ne peut faire bouger les choses dans l’aire culturelle du chef de l’Etat et de ses collaborateurs comme moi ; voilà pourquoi je suis redouté par tous, aussi bien dans l’opposition que dans le sérail».
©Pierre Célestin Atangana, Le Quotidien Mutations
(*) Titre proposé par Le Quotidien Mutations