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Home  //  Press releases  //  Louis Tobie MBIDA : « M. le Président de la République, je vous demande le report des Elections présidentielles de 2011»

« Dans l’objectif de relever de façon substantielle le taux de participation des populations camerounaises aux échéances électorales annoncées, le Président de la République vient de prescrire à titre exceptionnel, des mesures de facilitation pour l’établissement et la délivrance des cartes nationales d’identité aux citoyens Camerounais en âge de voter. Ces mesures, qui sont valables pour la période allant du 03 janvier au 30 avril 2011 (…) permettent de réduire de près de 50% la dépense effectuée par tout citoyen en période normale, pour l’établissement d’une carte nationale d’identité. (…) Au cours de la période allant de janvier à avril 2011, chaque citoyen concerné par un problème de ce type ne devra plus dépenser que la somme de 2800 FCFA au total, à raison de 1800 FCFA pour la photo d’identité et 1000 FCFA pour la taxe spéciale d’identification.


La mesure prise par le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, afin de faciliter à titre exceptionnel l’établissement et la délivrance des cartes nationales d’identité aux citoyens Camerounais en âge de voter, notamment de par l’incidence de près de trois (03) milliards de FCFA qu’elle crée sur le budget de l’Etat, indique donc, s’il en était encore besoin, la ferme détermination du Chef de l’Etat à tout mettre en œuvre, pour assurer une participation optimale des Camerounais aux prochaines échéances électorales ».

 

Bien que la somme de 2800 FCFA annoncé par le ministre de la communication, M. Issa Tchiroma Bakary, manque d’exactitude, au Parti des Démocrates Camerounais (PDC) nous jugeons les mesures de facilitation de l’obtention de la CNI de M. Paul BIYA insuffisantes.

 

En se fiant au récent communiqué du ministre des Finances, l’Etat du Cameroun aurait féériquement réussi à lever, via la Douala Stock Exchange (DSX), un emprunt obligataire de plus de 200 milliards de FCFA en deux semaines, soit 10 jours ouvrables. Si des camerounais ont confiance au gouvernement inerte et corrompu de M. BIYA au point de lui offrir en moyenne 20 milliards d’épargne par jour, alors le bon sens aurait voulu que la DSX lève des fonds non pas en 10 jours mais en 11 jours. Voici donc le problème que les « longs crayons » du RDPC n’ont pas su résoudre :

« Si la mesure prise par le Président Paul BIYA crée un déficit de 03 milliards en 4 mois sur le budget de l’Etat, à combien s’élèvera en moyenne le déficit sur 12 mois ? Si nous disposons de 20 milliards, en moyenne est-il possible de prévoir une incidence de 06 milliards tous les 4 mois ? ». La jeune Brenda y répondrait avec une facilité déconcertante.

 

Au Parti des Démocrates Camerounais (PDC), nous pensons que le gouvernement RDPC a bluffé quant à l’emprunt obligataire. Nous trouvons injuste que l’on demande à un camerounais, qui déclare « je me débrouille » au lieu de dire « je mange » ou qui répond « je me bats » à la question de savoir « où travailles-tu ?», de payer une somme de 2800 FCFA pour une CNI. Nous ne sommes pas d’accord.

Nous réclamons des élections libres, démocratiques et transparentes. Etant donné les chiffres du dernier recensement de la population, des élections avec moins de 09 millions d’électeurs serait un fiasco de la part d’un régime aux abois que nous mettrons hors d’état de nuire à la prochaine élection présidentielle. D’ailleurs, nous nous interrogeons sur les dates de la facilitation d’obtention des CNI. Quoi qu’il en soit, nous estimons que les conditions à mettre en place pour que le scrutin soit incontestable que Elecam soit crédible sont les suivantes :

 

Au Parti des démocrates Camerounais (PDC) nous estimons que les conditions à mettre en place pour que le scrutin soit incontestable et que ELECAM soit crédible sont les suivantes :
  1. Instaurer la gratuité de la carte nationale d’identité.
  2. Interdire l’installation des bureaux de vote dans les domiciles privés de tous ceux qui sont identifiés comme « élites » dans les circonscriptions administratives, dans les domiciles de tous les fonctionnaires et assimilés, dans les domiciles des commerçants et autres hommes d’affaires, dans les domiciles de tout citoyen susceptible de pratiquer un quelconque trafic d’influence partisan à l’endroit des électeurs.
  3. Interdire la création des bureaux de vote fictifs.
  4. Publier au plus tard au 30 avril 2011 et afficher à l’usage du public, la liste complète et exhaustive de tous les bureaux de vote sur toute l’étendue du territoire national.
  5. Réaliser une refonte des listes électorales en excluant les décédés et autres cas prévus par la loi.
  6. Limiter effectivement le nombre d’inscrits par bureau de vote à 500 électeurs maximum dont les noms prénoms, date de naissance et lieu de résidence sont enregistrés.
  7. Réaliser grâce à l’outil informatique un rapprochement bimensuel des listes des inscrits de tous les bureaux de vote à l’échelon national afin d’éliminer les doublons et autres inscriptions abusives.
  8. Afficher officiellement sur des tableaux d’affichage extérieurs, afin d’en rendre la consultation ouverte à tout citoyen, en mairie, auprès du chef de quartier, du chef de village, les listes des bureaux de votes et la liste des inscrits par bureaux de vote dès le 1er mars 2011.
  9. Afficher la progression des listes électorales au fur et à mesure que s’inscrivent les citoyens à partir du 1er avril 2011.
  10. Installer à l’échelon national aux côtés des 12 membres désignés par décret présidentiel : avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, deux citoyens par département - soit 116 au total pour les 58 départements camerounais - l’un représentant les partis politiques et l’autre représentant la société civile, sachant que ces représentants seront élus à bulletin secret parmi les militants présentés par les partis politiques légalisés quel que soit le nombre des partis et les organes de la société civile reconnus comme tels.
  11. Les modalités pratiques seront régulièrement réajustées par cette commission élargie de 12 + 116 membres chargée de gérer ELECAM et qui élira en son sein le président effectif d’ELECAM en lieu est place de celui désigné par décret.
  12. Organiser la formation de scrutateurs des bureaux de vote à l’échelon national.

 

Alexandre MANGA ZOA

Membre de la Cellule de Communication