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Monsieur le Président de la République, moi Louis Tobie MBIDA, Président du Parti des Démocrates Camerounais, je vous demande le report des Elections présidentielles de 2011 car il est évident que les conditions pour des élections libres, démocratiques et transparentes ne sont pas réunies au Cameroun à moins de six mois de la fin de l’année 2011 sauf accélération du processus de mise en place des conditions légitimement demandées par la société civile et les partis politiques dans leur ensemble pour des élections libres, démocratiques et transparentes. Le Cameroun a ratifié des accords internationaux qui le lient à l’ONU dont les règles deviennent ainsi prééminentes par rapport aux textes nationaux, la communauté internationale aura un droit de regard justifié sur le déroulement du processus électoral camerounais. Le Parti des Démocrates Camerounais demande à prendre place parmi les membres d’Elecam en sa qualité de parti politique historique.

 

 

A son Excellence Monsieur Paul BIYA

Président de la République du Cameroun

Palais d’Etoudi

Yaoundé, CAMEROUN

 

Monsieur le Président de la République

Au cours de votre intervention de fin d’année 2010 vous avez non seulement présenté vos traditionnels vœux à la Nation Camerounaise mais déclaré que: « La Nouvelle Année sera aussi celle des élections et particulièrement de l’élection présidentielle, moment crucial de notre vie démocratique. Pour donner à celle-ci toute sa signification, il est important que la participation électorale soit aussi élevée que possible. C’est pourquoi je vous invite instamment à vous inscrire sur les listes électorales. Le droit de vote, ne l’oubliez pas, est l’un des droits fondamentaux du citoyen que celui-ci a le devoir d’exercer. »

 

Au Parti des Démocrates Camerounais (PDC) nous ne cessons de demander depuis de nombreuses années aux citoyennes et citoyens camerounais de s’inscrire massivement sur les listes électorales et de trouver trois scrutateurs : un homme, une femme et un jeune par bureau de vote afin de surveiller le scrutin, de le rendre crédible et incontestable au regard de la nation et de la communauté internationale.

 

Sur le terrain il existait un écueil majeur empêchant les inscriptions sur les listes électorales : la difficulté d’obtention de la carte nationale d’identité.

 

Le Parti des Démocrates Camerounais depuis le mois d’octobre 2010 et par courrier en date du 2 janvier 2011 adressé au Président d’Elecam avec copie au premier ministre et à vous-même a demandé l’institution de la gratuité de la carte nationale d’identité et la facilitation de l’obtention d’une copie d’acte de naissance pour tout camerounais.

 

Grâce aux mesures que vous avez prises le 19 mai 2011 c’est désormais chose faite. Nous vous en remercions.

 

Vous annoncez plus loin dans votre discours de la fin de l’année 2010 :« Pour que ce scrutin soit incontestable, je compte beaucoup sur ELECAM qui bénéficiera de l’appui nécessaire de l’administration et des partis politiques lors des opérations électorales. J’ai toutes raisons de croire que les prochains mois suffiront à ELECAM pour mettre la dernière main à son dispositif sur le terrain. Nous aurons bien entendu l’occasion de reparler de tout cela ».

 

Au Parti des démocrates Camerounais (PDC) nous estimions au 2 janvier 2011 (cf. notre courrier suscité) que les conditions à mettre en place pour que le scrutin soit incontestable et que ELECAM soit crédible étaient les suivantes :

  1. Instaurer la gratuité de la carte nationale d’identité.
  2. Interdire l’installation des bureaux de vote dans les domiciles privés de tous ceux qui sont identifiés comme « élites » dans les circonscriptions administratives, dans les domiciles de tous les fonctionnaires et assimilés, dans les domiciles des commerçants et autres hommes d’affaires, dans les domiciles de tout citoyen susceptible de pratiquer un quelconque trafic d’influence partisan à l’endroit des électeurs.
  3. Interdire la création des bureaux de vote fictifs.
  4. Publier au plus tard au 30 avril 2011 et afficher à l’usage du public, la liste complète et exhaustive de tous les bureaux de vote sur toute l’étendue du territoire national.
  5. Réaliser une refonte des listes électorales en excluant les décédés et autres cas prévus par la loi.
  6. Limiter effectivement le nombre d’inscrits par bureau de vote à 500 électeurs maximum dont les noms, prénoms, date de naissance et lieu de résidence sont enregistrés.
  7. Réaliser grâce à l’outil informatique un rapprochement bimensuel des listes des inscrits de tous les bureaux de vote à l’échelon national afin d’éliminer les doublons et autres inscriptions abusives.
  8. Afficher officiellement sur des tableaux d’affichage extérieurs, afin d’en rendre la consultation ouverte à tout citoyen, en mairie , auprès du chef de quartier, du chef de village, les listes des bureaux de votes et la liste des inscrits par bureaux de vote dès le 1er mars 2011.
  9. Afficher la progression des listes électorales au fur et à mesure que s’inscrivent les citoyens à partir du 1er avril 2011.
  10. Installer à l’échelon national aux côtés des 12 membres désignés par décret présidentiel: avec les mêmes droits, les mêmes prérogatives et les mêmes devoirs, deux citoyens par département - soit 116 au total pour les 58 départements camerounais -, l’un représentant les partis politiques et l’autre représentant la société civile, sachant que ces représentants seront élus à bulletin secret parmi les militants présentés par les partis politiques légalisés quel que soit le nombre des partis et les organes de la société civile reconnus comme tels.
  11. Les modalités pratiques seront régulièrement réajustées par cette commission élargie de 12 + 116 membres chargée de gérer ELECAM et qui élira en son sein le président effectif d’ELECAM en lieu et place de celui désigné par décret.
  12. Organiser la formation de scrutateurs des bureaux de vote à l’échelon national.

Il est à reconnaître que seule la première condition a été remplie à ce jour. Au PDC nous affirmons que les camerounais à la date du 18 juin 2011, à moins de six mois de la fin de l’année 2011, ne sont pas prêts à aller aux élections présidentielles de 2011et que les conditions pour un scrutin juste, transparent, libre, démocratique, aux résultats incontestables ne sont pas réunies.

 

Le parlement camerounais rassemblé en session extraordinaire de deux jours au mois d’avril 2011 a modifié le texte portant organisation d’Elecam en demandant entre autres que des partis politiques soient associés à la composition d’Elecam. Le Parti des Démocrates Camerounais demande à prendre place parmi les membres d’Elecam en sa qualité de parti politique historique et je ne rappelle ici que deux dates 1957 – l’autonomie interne, le drapeau camerounais et la devise - et 1991- la rencontre tripartite - .

 

Il existe aujourd’hui des partis politiques représentés à l’assemblée nationale camerounaise, des partis politiques dotés de conseillers municipaux et des partis politiques dont l’influence et l’emprise sur le terrain sont indéniables par leur qualité de proposition et la force de leurs idées qui créent le débat. Le Parti des Démocrates Camerounais qui est une famille politique ancienne en fait incontestablement partie. Notre rôle est d’informer, de former et de participer à la construction d’une conscience politique dans notre pays.

Au PDC nous le faisons.

La politique a été criminalisée au Cameroun : notre rôle en tant que partis politiques est de lui rendre ses lettres de noblesse et de prouver aux camerounais qui en doutent encore que faire de la politique au sens noble du terme, c’est servir son pays.

Au PDC nous le faisons.

Le parti unique appartient désormais au passé et les choses passées sont dépassées c’est à nous, hommes et femmes politiques camerounais de le faire savoir.

Au PDC nous le faisons.

 

Voila pourquoi, Monsieur le Président de la République, moi Louis Tobie MBIDA, Président du Parti des Démocrates Camerounais, je vous demande le report des Elections présidentielles de 2011 car il est évident que les conditions pour des élections libres, démocratiques et transparentes ne sont pas réunies au Cameroun à moins de six mois de la fin de l’année 2011 sauf accélération du processus de mise en place des conditions légitimement demandées par la société civile et les partis politiques dans leur ensemble pour des élections libres, démocratiques et transparentes.

 

Sachant que le Cameroun a ratifié des accords internationaux qui le lient à l’ONU dont les règles deviennent ainsi prééminentes par rapport aux textes nationaux, la communauté internationale aura un droit de regard justifié sur le déroulement du processus électoral camerounais.

 

C’est ainsi qu’à travers son responsable le plus autorisé : Monsieur Ban Ki Moon, Secrétaire Général de l’ONU, des recommandations de transparence, de respect des libertés publiques, de démocratie et de justice avant, pendant et après les élections ont été exprimées lors de son dernier passage à Yaoundé le 10 juin 2010. Ces recommandations ont été réitérées par Monsieur Lynn Pascoe sous-secrétaire général des Nations Unies spécialement chargé des affaires politiques et des questions électorales à Yaoundé entre le 28 février et le 3 mars 2011. L’ONU n’a cessé d’organiser des rencontres avec la société civile, les partis politiques et les représentants de l’Etat à l’exemple du dernier atelier organisé les 14, 15 et 16 juin 2011 à Yaoundé sur le thème : sensibilisation et renforcement des capacités des partis politiques sur les droits de l’homme, la démocratie et le processus électoral.

 

Toutes ces actions ne visent qu’un seul but, assurer la paix, la sécurité du Cameroun et à nous éviter des affrontements et autres conflits inutiles.

 

C’est pourquoi, Monsieur le Président de la République, le Parti des Démocrates Camerounais demande :

  1. de faire partie des membres d’Elecam afin d’œuvrer pour des élections libres, démocratiques, transparentes et incontestables ;
  2. de permettre un libre et juste accès des partis politiques aux médias sans discrimination d’appartenance socio-politique ou d’ordre financier ;
  3. de permettre une liberté effective des réunions et manifestations publiques ;
  4. de reporter les élections présidentielles prévues pour 2011 à une date ultérieure convenue entre tous les acteurs prenant part au processus électoral camerounais sauf si les conditions de transparence, de liberté et d’équité posées tant par la société civile, que les partis politiques et l’ONU sont respectées à brève échéance.

 

Je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de ma très haute considération.

 

Louis Tobie MBIDA

Président du Parti des démocrates camerounais

Yaoundé, 18 juin 2011